Le redressement du secteur pétrolier angolais offre une feuille de route pour la campagne d’investissement de l’Algérie

Les réformes réglementaires menées par l’Angola constituent des enseignements précieux pour l’Algérie, qui cherche à attirer des investissements en amont, à renforcer sa compétitivité et à accélérer la croissance à long terme du secteur.
Crude Oil Angola

L’Algérie redouble d’efforts pour attirer de nouveaux investissements en amont, en proposant de nouvelles opportunités d’octroi de licences et en cherchant à débloquer la production tant sur les zones matures que sur les zones pionnières. Alors que le pays s’efforce de renforcer sa position parmi les principaux producteurs d’hydrocarbures d’Afrique, la création d’un environnement d’investissement plus compétitif sera tout aussi importante que l’expansion des activités d’exploration.

Bien que l’Algérie et l’Angola présentent des contextes politiques et institutionnels distincts, ces deux pays figurent parmi les plus grands producteurs de pétrole et de gaz d’Afrique et disposent d’un potentiel inexploité considérable. Dans *Crude Oil: Power, Turnaround and Transformation in Angola*, NJ Ayuk, président exécutif de l’African Energy Chamber, examine comment l’Angola a transformé son secteur en amont grâce à une série de réformes réglementaires.

Bien qu’il se concentre sur l’Angola, cet ouvrage offre des perspectives précieuses sur la manière dont la stabilité politique et les réformes institutionnelles peuvent venir compléter le potentiel géologique pour attirer des investissements à long terme.

S’appuyant sur un portefeuille d’investissements en amont qui devrait dépasser les 60 milliards de dollars entre 2025 et 2030, l’Angola a attiré des projets majeurs dans les secteurs du pétrole et du gaz, notamment le projet de gaz non associé de Quiluma et Maboqueiro, le pôle intégré d’Agogo Ouest, le développement du Greater PAJ et le projet Kaminho de TotalEnergies. Ensemble, ces investissements démontrent comment un cadre réglementaire prévisible peut se traduire directement par une activité soutenue en matière de projets.

Les bases de cette croissance ont été posées en 2019, lorsque l’Angola a créé l’Agence nationale du pétrole, du gaz et des biocarburants (ANPG), séparant ainsi les responsabilités commerciales de Sonangol de ses fonctions de contrôle réglementaire. Cette réforme a rationalisé l’octroi des licences, renforcé la transparence et permis à Sonangol de fonctionner comme une entreprise commerciale, tandis que l’ANPG assumait la responsabilité de la gestion des concessions. Alors que l’Algérie continue de renforcer son cadre d’investissement, une plus grande clarté institutionnelle et un processus d’octroi de licences plus indépendant pourraient, de la même manière, renforcer la confiance des investisseurs et accélérer le développement des projets. 

L’Angola a également mis en place une stratégie d’octroi de licences pluriannuelle parallèlement à son régime d’offre permanente, permettant aux entreprises de négocier en dehors des appels d’offres traditionnels. Cette approche flexible a permis l’attribution de plus de 70 blocs depuis 2019, tout en garantissant que des opportunités d’exploration restent disponibles en permanence. Alors que l’Algérie cherche à exploiter ses vastes bassins sous-explorés, des mécanismes d’octroi de licences plus souples pourraient élargir la participation des investisseurs et réduire les délais entre les cycles d’octroi de licences.

Au-delà de la réforme des concessions, l’Angola a mis en place des incitations fiscales ciblées pour les champs matures et une législation spécifique pour le gaz naturel non associé, créant ainsi des conditions commerciales plus favorables au redéveloppement de sites existants et aux projets gaziers autonomes. Ces mesures ont contribué à attirer de nouveaux investissements vers les actifs de production existants tout en accélérant la commercialisation du gaz. Des politiques similaires pourraient soutenir les efforts de l’Algérie visant à maximiser la production des champs vieillissants et à exploiter des ressources gazières supplémentaires.

« L’Algérie dispose déjà des ressources, de l’expertise et de la position stratégique nécessaires pour rester l’un des principaux producteurs d’énergie d’Afrique. L’expérience de l’Angola montre comment l’évolution de la réglementation peut venir compléter ces atouts et créer des opportunités encore plus importantes pour les investissements à long terme », déclare M. Ayuk.

Alors que l’Algérie se tourne vers sa prochaine phase de croissance en amont, l’expérience de l’Angola souligne à quel point la réforme réglementaire peut venir compléter la richesse en ressources, contribuant ainsi à transformer le potentiel d’exploration en investissements durables et en un développement sectoriel à long terme.

La Chambre africaine de l'énergie publie les perspectives pétrolières et gazières pour le premier trimestre 2022

La Chambre africaine de l'énergie (AEC) est fière d'annoncer la publication de l'AEC Q1 2022 Outlook, "The State of African Energy" (L'état de l'énergie en Afrique) - un rapport complet analysant les tendances qui façonneront le marché mondial et africain du pétrole et du gaz en 2022.

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