Anibor Kragha, secrétaire exécutif de l’Association africaine des raffineurs et distributeurs (ARDA), a rejoint le Forum du G20 sur les investissements énergétiques en Afrique, qui se tiendra le 21 novembre à Johannesburg, en tant qu’intervenant. Reliant la finance mondiale aux projets énergétiques africains, le forum tracera de nouvelles voies pour renforcer la chaîne de valeur énergétique du continent. La participation de M. Kragha souligne l’importance croissante accordée au développement en aval comme catalyseur de l’industrialisation et devrait favoriser le dialogue sur la voie de l’Afrique vers la sécurité énergétique.
L’augmentation des investissements dans le secteur aval africain est devenue une priorité absolue pour de nombreux pays. La demande en produits raffinés du continent devrait passer de 4 millions de barils par jour (bpj) en 2024 à 6 millions de bpj d’ici 2050, sous l’effet de la croissance démographique et de l’activité économique accrue. La consommation d’essence devrait atteindre 2,2 millions de bpj d’ici 2050, la consommation de diesel augmentera de 50 % et celle de kérosène et de carburant pour avions devrait progresser de 65 %, pour atteindre 465 000 bpj au cours de la même période. Pour répondre à la croissance prévue de la demande, le rapport State of African Energy 2026 Outlook de la Chambre africaine de l’énergie (AEC) souligne que 20 milliards de dollars d’investissements dans les infrastructures en aval seront nécessaires d’ici 2050. Le forum du G20 servira de pont entre les capitaux mondiaux et les projets africains en aval.
Ces derniers mois, une série d’étapes importantes ont été franchies dans le secteur africain en aval, avec des progrès dans les projets de raffinage et de pipelines soutenant la distribution régionale. La raffinerie de pétrole Dangote au Nigeria progresse vers sa pleine capacité opérationnelle après le début de ses activités en 2024. Cette raffinerie de 650 000 barils par jour est la plus grande installation d’Afrique et évalue actuellement des plans d’expansion qui permettraient de doubler sa production pour atteindre 1,4 million de barils par jour. L’Angola a inauguré la raffinerie de pétrole de Cabinda en 2025, introduisant 30 000 barils par jour sur le marché. Le pays recherche également des investissements pour soutenir le développement de l’installation de Lobito, d’une capacité de 200 000 bpj, tout en poursuivant la construction d’une installation de 100 000 bpj à Soyo. Le Sénégal étudie la possibilité de développer une deuxième raffinerie, associée à une usine pétrochimique, dans ses installations de la Société Africaine de Raffinage. Le projet vise à augmenter la capacité de 1,5 million de tonnes par an (mtpa) à 5 mtpa. En République du Congo, la raffinerie de Fouta devrait être opérationnelle d’ici la fin 2025, avec une capacité de 2,5 mtpa, tandis que l’Afrique du Sud a annoncé son intention de réhabiliter l’installation SAPREF, avec pour objectif de faire passer la capacité de 180 000 bpj à 600 000 bpj une fois que les opérations auront repris.
Au-delà du raffinage, les États africains font avancer des projets de pipelines dans le but d’augmenter les exportations et de renforcer les systèmes commerciaux régionaux. Le pipeline de pétrole brut d’Afrique de l’Est, long de 1 443 km, qui relie les champs pétrolifères de Kingfisher et Tilenga en Ouganda au port de Tanga en Tanzanie, est en cours de construction et sera mis en service en 2026. Le gazoduc Nigeria-Maroc, d’un coût de 25 milliards de dollars, est sur le point d’entrer en construction, la Nigeria-Morocco Gas Project Company ayant été créée en octobre 2025. Le gazoduc traversera 13 pays africains le long de la côte atlantique, reliant les gisements de gaz nigérians aux marchés européens. Des accords ont également été signés entre la République du Congo et la Russie pour la construction de l’oléoduc Pointe-Noire-Loutete-Maloujou-Trechot, et entre le Nigeria et la Guinée équatoriale pour le développement d’un gazoduc commun, destiné à accroître le commerce transfrontalier du gaz. Ces développements permettront non seulement d’augmenter la distribution régionale de carburant, mais aussi de réduire les coûts et de soutenir le développement économique dans toute l’Afrique.
La participation de M. Kragha intervient alors que les pays africains se mobilisent en faveur du développement des infrastructures en aval dans le cadre d’efforts plus larges visant à réduire les importations de carburant, à augmenter les capacités de stockage et de raffinage et à renforcer les chaînes d’approvisionnement intra-africaines. Des plateformes telles que le prochain forum du G20 offrent aux pays africains une occasion stratégique de nouer des liens avec des investisseurs mondiaux, de relever les principaux défis du secteur en aval et de mettre en œuvre des stratégies concrètes pour améliorer la sécurité énergétique.
« L’Afrique ne peut pas construire un avenir énergétique sûr si elle reste dépendante des carburants importés. C’est en investissant dans notre secteur aval que nous créerons une réelle valeur ajoutée. En raffinant notre propre pétrole brut, en développant des industries locales et en garantissant un accès à l’énergie qui soutienne la croissance économique, l’Afrique peut réduire ses coûts, renforcer la sécurité énergétique et soutenir la croissance économique à long terme », déclare NJ Ayuk, président exécutif de l’AEC.
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