Originaire du Botswana, Keleadile Ruda, cofondatrice de Women in Energy, est une spécialiste du photovoltaïque solaire qui compte cinq ans d’expérience. Elle dirige des projets de la conception à la mise en service tout en encadrant des femmes et des jeunes dans le domaine des STEM. Keleadile Ruda est reconnue comme l’une des 20 femmes de moins de 40 ans les plus prometteuses dans le secteur de l’énergie pour son engagement en faveur du développement de l’industrie énergétique africaine tout en favorisant une plus grande inclusion et autonomisation dans les STEM et les disciplines connexes.
Pourriez-vous nous présenter brièvement votre parcours dans le secteur de l’énergie qui vous a menée à votre poste actuel ? Quelles sont les réalisations ou les étapes clés dont vous êtes particulièrement fière ?
Mon parcours a été inspiré par le désir de promouvoir les énergies renouvelables, principalement l’énergie solaire photovoltaïque, au Botswana en raison des ressources abondantes dont nous disposons. Cela m’a conduite à occuper le poste d’ingénieure en énergie et de chef de projet, où l’une de mes principales réalisations a été de diriger l’installation, les essais et la mise en service d’une centrale solaire photovoltaïque de 0,5 MW intégrant des structures de parking et de toiture, un suiveur solaire à axe unique et une technologie de chargeur de véhicules électriques. Ce projet m’a donné l’occasion de travailler avec des professionnels issus de divers horizons. Grâce à ma passion pour la défense des droits et l’autonomisation des femmes et des jeunes, j’ai créé et fondé Women in Energy Botswana, qui mène des dialogues nationaux sur l’inclusion sociale.
Le secteur de l’énergie est connu pour sa complexité. Quels ont été les principaux défis auxquels vous avez été confrontée et comment les avez-vous surmontés pour atteindre vos objectifs ?
L’un des défis les plus évidents auxquels j’ai été confrontée et que je continue de rencontrer dans un pays en développement est le préjugé sexiste, amplifié par un accès limité au mentorat. Bien que des progrès significatifs aient été réalisés, il existe toujours un besoin urgent de plaidoyer en faveur d’une transition énergétique inclusive, englobant un cadre sensible au genre dans divers aspects. La cohérence, la persévérance et l’ouverture à des réseaux stratégiques m’ont aidée à atteindre mes objectifs tout en soutenant et en créant des voies d’accès aux opportunités liées aux énergies renouvelables pour les femmes entrepreneurs et prosommatrices dans le secteur de l’énergie.
Quels conseils donneriez-vous aux jeunes femmes qui aspirent à exceller dans le secteur de l’énergie ? Y a-t-il des stratégies ou des états d’esprit spécifiques qui vous ont aidée à surmonter les obstacles et à atteindre votre position actuelle ?
Soyez audacieuses et curieuses. L’audace vous permettra de garder les pieds sur terre et de persévérer dans ce secteur. Soyez audacieuses face aux opportunités, poursuivez vos ambitions avec confiance, même lorsque vous n’en avez pas envie. La curiosité vous permettra de garder une longueur d’avance sur vos pairs tout en cultivant un état d’esprit orienté vers la croissance. Enfin, élargissez votre réseau au maximum, exposez-vous à un large éventail d’opportunités, de collaborations stratégiques potentielles et accédez à différents niveaux de mentorat.
Une carrière dans le secteur de l’énergie peut être exigeante. Pourriez-vous décrire une journée type dans votre vie ?
Une journée type consiste à concevoir des solutions photovoltaïques sur mesure pour les clients, tout en leur fournissant des conseils techniques. Chaque projet d’énergie propre est unique et doit bénéficier d’un temps suffisant. Je m’efforce également de développer l’empreinte de Women in Energy, en participant à des dialogues locaux, souvent en personne, tout en attirant et en formant des partenariats potentiels avec des parties prenantes, même au-delà des frontières. Enfin, je suis une conférencière passionnée et je consacre du temps à des forums et des tables rondes axés sur la transition juste.
À l’avenir, quels changements ou progrès espérez-vous voir dans le secteur de l’énergie ? Comment envisagez-vous votre rôle dans la construction de cet avenir ?
Passionnée par les communautés défavorisées, j’espère voir un changement radical dans la réduction du fossé des connaissances en matière d’éducation à l’énergie. Je pense que c’est la clé pour soutenir et réaliser une économie verte, inclusive des communautés marginalisées et vulnérables, et améliorer les moyens de subsistance durables. En tant que pair éducatrice dans le cadre du programme Italy-IRENA Action For Climate Toolkit, j’ai l’intention d’utiliser cette ressource pour renforcer les capacités des femmes et des jeunes dans les communautés rurales et isolées. J’envisage également l’instauration de conditions équitables, où les femmes ne courent plus aucun risque et peuvent participer librement à l’accès au financement, à la prise de décisions de haut niveau et à l’expansion des entreprises afin d’être au centre de la diversification économique et d’un Botswana à revenu élevé. À cette fin, je mets en place une fondation par le biais de Women in Energy afin d’inciter les jeunes femmes à occuper cette place.













