Alors que l’Afrique est confrontée au défi d’améliorer l’accès à l’énergie, le continent s’efforce également de réduire ses émissions conformément aux objectifs climatiques. Des acteurs tels que Nancy Murithi, responsable de la croissance verte et du changement climatique à la Kenya Association of Manufacturers, se trouvent à la croisée de ces objectifs. Mme Murithi est reconnue comme l’une des 20 femmes de moins de 40 ans les plus prometteuses dans le secteur de l’énergie pour son travail en faveur de l’efficacité énergétique et de la politique climatique.
Pourriez-vous nous présenter brièvement votre parcours dans le secteur de l’énergie qui vous a conduit à votre poste actuel ? Quelles sont les réalisations ou les étapes clés dont vous êtes particulièrement fière ?
J’ai commencé ma carrière dans le secteur de l’énergie après avoir obtenu un diplôme en génie électrique et électronique à l’université Moi, que j’ai ensuite complété par un master en gestion de l’énergie. Mon parcours m’a amenée à occuper des postes techniques chez Icopower, où j’ai aidé plus de 50 entreprises à réaliser des économies d’énergie de 10 à 20 %, puis à mon poste actuel de responsable de la croissance verte et du changement climatique à la Kenya Association of Manufacturers. Dans le cadre de cette fonction, je dirige et contribue à des programmes de développement durable, à la promotion de politiques et au soutien technique pour les Energy Management Awards annuels. Je suis fière d’avoir été reconnue comme Jeune professionnelle de l’énergie de l’année (2024) et Femme professionnelle de l’énergie de l’année (2021). Je siège également à des comités techniques nationaux qui élaborent les politiques climatiques et énergétiques du Kenya.
Le secteur de l’énergie est connu pour sa complexité. Quels ont été les principaux défis auxquels vous avez été confrontée et comment les avez-vous surmontés pour atteindre vos objectifs ?
Travailler dans un domaine dominé par les hommes m’a obligée à surmonter les préjugés et à prouver mon expertise technique. J’y ai remédié en affinant continuellement mes compétences et mes connaissances, en obtenant des certifications telles que Certified Energy Manager, Certified Carbon Auditing Professional, Diploma in Renewable Energy et Green Transition Certification, tout en démontrant mon impact à travers des projets. Trouver l’équilibre entre la rigueur technique et l’engagement des parties prenantes a été un autre défi, que j’ai surmonté en établissant des partenariats solides afin de garantir des progrès collectifs vers les objectifs de développement durable.
Quels conseils donneriez-vous aux jeunes femmes qui aspirent à exceller dans le secteur de l’énergie ? Y a-t-il des stratégies ou des états d’esprit spécifiques qui vous ont aidée à surmonter les obstacles et à atteindre votre position actuelle ?
Perfectionnez votre art. Dans le secteur de l’énergie, la compétence prime sur tout le reste. Construisez des bases techniques solides grâce à des certifications, des diplômes supérieurs ou des projets pratiques. Lorsque votre expertise est incontestable, vous gagnez en crédibilité, en influence et en place à la table des négociations. Dites « oui » plus souvent : aux nouveaux défis et aux nouvelles opportunités. La croissance vient souvent du fait de s’aventurer dans des domaines inconnus. En acceptant des missions ambitieuses, des formations ou des rôles de direction, vous accélérez votre apprentissage, votre visibilité et votre confiance.
Recherchez des réseaux et des mentors : personne ne prospère dans l’isolement. Entourez-vous de pairs, de mentors et d’associations professionnelles. Des réseaux solides vous ouvrent des portes, vous apportent de la résilience et vous permettent d’aider les autres à progresser à mesure que vous avancez. Par-dessus tout, la persévérance et la passion pour le développement durable transforment les obstacles en tremplins. Les transitions énergétiques sont complexes et les revers inévitables, mais un engagement profond en faveur de la construction d’un avenir durable vous permet d’aller de l’avant. Avec de la persévérance et de la détermination, les défis font partie du parcours plutôt que des obstacles.
Une carrière dans le secteur de l’énergie peut être exigeante. Pourriez-vous décrire une journée type dans votre vie ?
Il n’y a pas deux jours qui se ressemblent, mais la plupart sont consacrés à un travail à la fois technique et stratégique. Je peux commencer par fournir un soutien technique aux industries en matière de réduction des émissions de carbone, puis participer à des réunions avec les parties prenantes sur les programmes d’efficacité énergétique, contribuer à l’élaboration de propositions politiques et, plus tard, analyser les nouvelles tendances énergétiques. Je consacre également du temps au mentorat et à la formation d’experts en gestion de l’énergie et en développement durable. Chaque jour est consacré à la réalisation de progrès tant sur le plan pratique que politique en vue d’un secteur industriel plus écologique.
À l’avenir, quels changements ou progrès espérez-vous voir dans le secteur de l’énergie ? Comment envisagez-vous votre rôle dans la construction de cet avenir ?
J’espère voir une plus grande intégration des énergies renouvelables, des politiques climatiques plus fortes, la décarbonisation des industries difficiles à réduire et une adoption plus large des pratiques d’économie circulaire dans les industries africaines. Mon rôle sera de continuer à faire le lien entre l’expertise technique et la défense des politiques, en aidant les fabricants dans leur transition vers une croissance à faible émission de carbone, tout en inspirant et en encadrant la prochaine génération de femmes leaders dans le domaine de l’énergie.













