Le secteur énergétique namibien entre dans une phase de mutation structurelle de son leadership alors qu’il se dirige vers sa première production de pétrole d’ici la fin de la décennie, les femmes occupant de plus en plus de postes décisionnels au sein du gouvernement, de l’industrie et des institutions consultatives. De la réglementation en amont aux conseils d’administration des entreprises, le pays aligne la gouvernance, l’investissement et le développement des talents sur un modèle plus large qui façonne l’exploitation pétrolière offshore dans le bassin de l’Orange.
En tant que porte-parole du secteur énergétique africain, la Chambre africaine de l’énergie (AEC) soutient l’attention croissante portée par la Namibie à la présence des femmes aux postes de direction dans le secteur de l’énergie, soulignant que cette participation inclusive renforce les capacités institutionnelles, la confiance des investisseurs et la résilience à long terme du secteur. La Chambre continue de plaider en faveur de politiques qui traduisent la diversité des genres en un impact économique mesurable.
« Grâce à des cadres solides en matière de potentiel local et à un leadership inclusif, le secteur pétrolier et gazier namibien peut devenir un moteur stratégique de la transformation nationale. Une véritable autonomisation. Cela garantit que les femmes et les communautés participent activement à la construction de l’avenir énergétique du pays. Elles ne sont pas de simples observatrices », déclare NJ Ayuk, président exécutif de l’AEC.
Au niveau de l’État, la Namibie a consolidé la supervision du secteur énergétique sous la présidence de Netumbo Nandi-Ndaitwah, qui a également inauguré la Conférence internationale sur l’énergie de Namibie (NIEC) 2026 à Windhoek. L’AEC est un partenaire stratégique de cet événement. La présidente Nandi-Ndaitwah mène des réformes, notamment le projet de loi modificatif sur le pétrole (exploration et production). Au sein de l’Unité pétrolière en amont (UPU), dirigée par Kornelia Shilunga, l’accent est mis sur une gouvernance transparente et une autonomisation à grande échelle, notamment par le biais de déclarations d’actifs strictes pour les hauts fonctionnaires gérant les ressources offshore.
Les opérateurs internationaux reflètent également cette évolution, le géant énergétique bp ayant annoncé une nouvelle structure de direction avec Meg O-Neill au poste de PDG et Carol Howle à celui de directrice générale adjointe, parallèlement à l’intensification de ses activités dans le bassin Orange en Namibie. La société a récemment acquis trois blocs dans ce bassin, marquant ainsi son entrée dans le pays en tant qu’opérateur. Le géant Chevron a renforcé son leadership local en nommant Ndapewoshali Shapwanale au poste de directeur adjoint du pays et de responsable du potentiel local, aux côtés de la direction régionale assurée par Beatrice Bienvenu, directrice de Chevron pour la Namibie, consolidant ainsi l’intégration locale et les capacités opérationnelles.
Parallèlement, le réseau Women in Oil, Gas and Energy Network, dirigé par la présidente Rachel Msiska et la directrice fondatrice Nyeuvo Amukushu, met en place un vivier structuré de talents féminins grâce à des programmes de mentorat et de formation technique. Le groupe soutient la politique nationale namibienne en matière de potentiel local en amont, approuvée en principe en 2026, conçue pour ancrer la participation namibienne dans les domaines de l’approvisionnement, de l’ingénierie et des services liés au développement offshore.
Lors du NIEC 2026, la discipline opérationnelle et la préparation ont été des thèmes centraux. L’inspectrice des hydrocarbures Louise Hangero, de l’UPU, a souligné que « le pétrole et le gaz ne s’arrêtent pas. Ils doivent circuler en permanence dans les pipelines », mettant en avant la nécessité d’une préparation constante dans un secteur en constante évolution où la rapidité d’exécution définit la compétitivité tout au long de la chaîne de valeur.
Du point de vue des entreprises, Megan Rodgers, directrice et responsable du secteur pétrole et gaz chez Cliffe Dekker Hofmeyr (CDH), a souligné que l’inclusion doit se traduire par un pouvoir de décision. Elle a fait remarquer que la constitution d’équipes ne se résume pas à la simple présence, mais à l’intégration, exhortant les entreprises à rompre avec la logique du tout ou rien, à soutenir activement les femmes et à former des coalitions qui intègrent des perspectives diverses dans les décisions commerciales fondamentales.
Carole Decalf, responsable de l’exploration pour les nouvelles initiatives chez bp, a présenté la diversité comme un impératif commercial plutôt que comme un objectif social. Elle a souligné que des équipes diversifiées améliorent la gestion des risques à long terme et l’engagement des parties prenantes, affirmant que « la diversité, et non la charité », est le moteur de performances plus solides dans des environnements en amont complexes nécessitant une collaboration et une réflexion à long terme.
Dans le domaine juridique et institutionnel, des cabinets tels que CDH Namibia apportent leur soutien face à la complexité réglementaire des projets de développement du bassin de l’Orange, avec des leaders comme Frieda Kishi et Megan Rodgers qui façonnent l’architecture juridique en amont. L’AEC estime que les progrès de la Namibie reflètent une évolution continentale plus large, où le leadership des femmes, les capacités institutionnelles et le potentiel local convergent pour transformer les hydrocarbures en valeur industrielle inclusive à long terme.













