Red Capital mise sur la relance du secteur amont au Venezuela avec un nouveau tournant stratégique dans le domaine de l’énergie

La société a obtenu des engagements de financement à hauteur de 1,6 million de livres sterling alors qu'elle réoriente sa stratégie d'acquisition et d'investissement vers les opportunités offertes par le marché énergétique vénézuélien.
Venezuela Oil - canva

La société d’acquisition Red Capital a annoncé une levée de fonds de 1,6 million de livres sterling pour soutenir une transition stratégique qui verra la société se recentrer entièrement sur les opportunités énergétiques vénézuéliennes, marquant ainsi un changement décisif par rapport à son approche antérieure axée sur les acquisitions. La société cotée à Londres prévoit de se rebaptiser Apertura Energy et de réorienter ses capitaux vers des actifs en amont, en aval et d’infrastructure au Venezuela – l’un des marchés d’hydrocarbures les plus riches en ressources au monde, mais historiquement sous-investi.

Cette transition s’appuie sur une nouvelle structure de direction, avec notamment la nomination proposée de Scott Gilbert – actuellement PDG de la société énergétique Corcel, spécialisée en Afrique – au poste de président non exécutif, et de Greig Gilbert au poste de PDG. Tous deux apportent à eux deux plusieurs décennies d’expérience combinée en Afrique et en Amérique latine. Ce pivot au niveau de la direction reflète un effort délibéré pour faire le lien entre l’expertise opérationnelle africaine – en particulier dans les bassins pionniers et sous-capitalisés – et les réserves vénézuéliennes, vastes mais sous-développées.

La Chambre africaine de l’énergie soutient ce repositionnement stratégique, considérant le Venezuela comme un marché hautement stratégique à un moment où les contraintes d’approvisionnement mondiales s’intensifient. Les récents changements de politique et ajustements réglementaires ont déjà commencé à débloquer les flux d’investissement, les opérateurs internationaux s’engageant à nouveau dans le secteur pétrolier et gazier du pays. Pour la Chambre, la décision de Red Capital reflète une tendance plus large : les entreprises ayant une expérience des zones pionnières – en particulier celles d’Afrique – sont particulièrement bien placées pour opérer dans des environnements complexes où se croisent infrastructures héritées, déficits de financement et évolution réglementaire.

Le repositionnement stratégique de Red Capital repose sur un engagement à constituer un portefeuille d’actifs énergétiques vénézuéliens évolutifs, plaçant ainsi Red Capital au cœur du paysage énergétique en pleine mutation du pays. La stratégie de la société s’articule autour de quatre piliers clés : acquérir des actifs énergétiques de qualité ; rétablir les opérations en appliquant les pratiques établies du secteur et l’expertise opérationnelle locale pour réhabiliter les actifs sous-investis ; développer des partenariats locaux ; et allouer le capital selon une approche rigoureuse.

Pour soutenir cette stratégie, la société a obtenu des engagements fermes de la part d’investisseurs stratégiques visant à mobiliser 1,6 million de livres sterling de financement afin de soutenir ce changement stratégique. Sur le montant total de l’investissement, 0,75 million de livres sterling a été levé par le biais d’un placement, tandis que 0,85 million de livres sterling a été levé par l’émission de billets de prêt convertibles non garantis.

« Red Capital apporte au Venezuela un ensemble de compétences acquises dans certains des environnements opérationnels les plus complexes d’Afrique. Cette expérience – travailler dans des bassins sous-capitalisés, naviguer dans des cadres réglementaires en constante évolution et débloquer des actifs immobilisés – est directement transposable à la phase actuelle de réouverture du Venezuela », déclare NJ Ayuk, président exécutif d’AEC.

Le moment choisi pour cette réorientation stratégique ne pouvait être mieux choisi – tant pour le Venezuela que pour les marchés énergétiques mondiaux. Après des années de sous-investissement, de sanctions et de baisse de production, le pays entre dans une nouvelle phase de croissance en amont. Début 2026, les États-Unis ont publié la licence générale 46A, autorisant les entités américaines à effectuer les transactions nécessaires au levage, à l’exportation, à la réexportation, à la vente, à la revente, à la fourniture, au stockage, à la commercialisation, à l’achat, à la livraison ou au transport de pétrole d’origine vénézuélienne. Cette mesure a été suivie d’un assouplissement des sanctions imposées à la banque centrale du Venezuela, ouvrant la voie à un retour sur les marchés financiers mondiaux.

Ces initiatives ont déjà porté leurs fruits, plusieurs grandes entreprises internationales ayant fait leur retour dans le pays. Repsol a fait son retour sur le marché grâce à un accord signé en avril 2026, annonçant son intention de tripler sa production au cours des trois prochaines années.

Eni et Repsol ont finalisé un accord visant à commencer l’exportation de GNL depuis le gisement offshore de Perla d’ici la fin de 2031, s’engageant à augmenter la production du projet via un terminal FLNG. Chevron a annoncé un échange stratégique d’actifs avec la PDVSA vénézuélienne, échangeant ses actifs gaziers offshore contre une présence accrue dans la ceinture de l’Orénoque. Les analystes prévoient que cet accord pourrait débloquer 100 milliards de dollars pour la reconstruction à long terme du secteur.

Le dernier changement de stratégie de Red Capital s’appuie sur cette dynamique, positionnant la société comme un pionnier sur un marché en transition, passant de la contrainte à l’opportunité. À mesure que les capitaux et les opérateurs reviennent, son modèle d’exécution éprouvé en Afrique pourrait s’avérer décisif pour dégager de la valeur là où d’autres ne voient que de la complexité. Si la réouverture se poursuit sur sa trajectoire actuelle, la société est en passe de jouer un rôle significatif dans la reprise du secteur amont au Venezuela.

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