L’ARDA renforce sa coopération avec l’Algérie alors que l’expansion du secteur aval en Afrique prend de l’ampleur

L'Algérie et l'ARDA ont renforcé leur coopération dans le secteur aval dans le cadre des efforts visant à accélérer l'autosuffisance du continent en matière de raffinage.
Algeria Arda

Une nouvelle feuille de route pour le secteur pétrolier aval africain se dessine à la suite des discussions de haut niveau qui se sont tenues en Algérie le 7 juin. Le ministre algérien des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a reçu Anibor Kragha, secrétaire exécutif de l’Association africaine des raffineurs et distributeurs (ARDA). Les discussions ont porté sur la transformation des réseaux d’infrastructures de raffinage, de pétrochimie et de GPL du continent, ouvrant ainsi de nouvelles voies pour l’expansion du secteur aval sur le continent.

La Chambre africaine de l’énergie (AEC) – en tant que porte-parole du secteur énergétique africain – soutient fermement cette étape importante de la collaboration entre l’ARDA et l’Algérie. La Chambre considère cet engagement comme une étape cruciale vers la sécurité énergétique du continent et la réduction de la dépendance vis-à-vis des importations de produits étrangers. En tirant parti de la vaste expertise technique de l’Algérie, l’AEC estime que l’Afrique peut rapidement accélérer la réalisation de ses objectifs d’intégration en aval.

Les réunions ministérielles ont rassemblé les dirigeants des entreprises énergétiques algériennes soutenues par l’État, notamment Sonatrach et Naftal. Les discussions ont porté sur la création de cadres réglementaires et juridiques unifiés afin d’attirer les investissements régionaux. Les deux parties ont mis l’accent sur la sécurité industrielle, la protection de l’environnement et l’évaluation des tendances du marché mondial afin de protéger les économies africaines vulnérables contre les chocs externes.

Au cours des réunions, le ministre Arkab a souligné que l’Afrique devait passer d’un modèle d’exportation traditionnel basé sur les rentes à un développement intégré. Cette stratégie repose sur la transformation locale des matières premières naturelles afin de construire des chaînes de valeur nationales et régionales résilientes. Le cadre algérien montre comment la gestion souveraine des ressources et les entreprises publiques peuvent stabiliser les marchés tout en favorisant les transferts de technologie.

De son côté, l’ARDA a exprimé un vif intérêt pour la reproduction du modèle algérien d’infrastructures en aval, qui a fait ses preuves, dans d’autres États membres. M. Kragha a souligné la nécessité de renforcer la solidarité énergétique africaine grâce à des chaînes d’approvisionnement transfrontalières coordonnées. L’association vise à utiliser des technologies de transformation avancées pour soutenir le développement économique et pallier les déficits énergétiques régionaux.

Cette coopération s’inscrit dans le cadre de la stratégie algérienne d’expansion massive du secteur en aval, d’un montant de 7 milliards de dollars, gérée par Sonatrach. Cette initiative de traitement constitue un pilier central du Plan de développement des hydrocarbures 2026-2030 du pays, d’un montant global de 60 milliards de dollars. L’objectif stratégique est de faire passer le taux de conversion local des hydrocarbures de 32 % à 50 % d’ici 2030.

La modernisation du secteur du raffinage en Algérie s’appuie sur six raffineries nationales dont la capacité de traitement combinée s’élève à 657 000 barils par jour. Parmi les projets en cours figure la modernisation de la raffinerie d’Arzew en collaboration avec Sinopec, visant à doubler la production d’essence pour atteindre 1,2 million de tonnes par an d’ici mi-2028. De plus, le projet de craquage de fioul à Skikda permettra de produire 1,75 million de tonnes de diesel d’ici janvier 2029.

Le secteur pétrochimique est également en pleine expansion grâce à un effort de production de plusieurs milliards de dollars axé sur les intrants industriels essentiels et les plastiques. Parmi les installations clés figurent l’usine de polypropylène STEP d’une capacité de 550 000 tonnes par an et un complexe d’alkylbenzène linéaire d’un milliard de dollars à Skikda. Par ailleurs, une nouvelle usine de MTBE est entrée dans son cycle de démarrage progressif de la production début 2026.

Dans le secteur gazier, l’Algérie exploite quatre méga-complexes de liquéfaction de GNL et deux complexes de séparation de GPL à Arzew et Skikda. Cette vaste infrastructure gazière offre une base fiable pour l’expansion des réseaux continentaux de distribution de GPL.

Pour soutenir cette expansion, la loi algérienne de 2019 sur les hydrocarbures offre des dispositions fiscales attractives et de solides protections des investissements aux compagnies pétrolières internationales. Si Sonatrach s’appuie sur des partenariats d’ingénierie étrangers pour les équipements lourds, elle s’emploie activement à atténuer les risques d’approvisionnement. Parallèlement, un investissement de 1 milliard de dollars vise à contrer les taxes européennes sur le carbone en capturant le gaz brûlé à la torche et en menant des projets pilotes sur l’hydrogène vert.

« Ces discussions entre l’Algérie et l’ARDA marquent un tournant décisif dans le parcours de l’Afrique vers l’indépendance énergétique totale et l’industrialisation structurelle. En tirant parti des infrastructures en aval de classe mondiale et de l’expertise souveraine de l’Algérie, le continent peut opérer une transition complète, passant du statut d’exportateur de matières premières à celui de puissance autonome », déclare NJ Ayuk, président exécutif de l’AEC.

La Chambre africaine de l'énergie publie les perspectives pétrolières et gazières pour le premier trimestre 2022

La Chambre africaine de l'énergie (AEC) est fière d'annoncer la publication de l'AEC Q1 2022 Outlook, "The State of African Energy" (L'état de l'énergie en Afrique) - un rapport complet analysant les tendances qui façonneront le marché mondial et africain du pétrole et du gaz en 2022.

S'INSCRIRE AU STAGE PROGRAMME