La pauvreté énergétique est le principal obstacle à la mise en œuvre réussie de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), un accord commercial destiné à stimuler le commerce intra-africain, selon Nardos Bekele-Thomas, PDG de l’Agence de développement de l’Union africaine (NEPAD).
S’exprimant lors du Forum du G20 sur les investissements énergétiques en Afrique, organisé par la Chambre africaine de l’énergie, Mme Bekele-Thomas a souligné que l’Afrique devait de toute urgence accroître ses investissements dans les infrastructures énergétiques intégrées afin d’atteindre les objectifs de son Agenda 2060.
« L’avenir de l’énergie africaine n’est pas fragmenté, il est intégré et continental », a-t-elle déclaré.
Mme Bekele-Thomas a mis en avant le déploiement accéléré du Plan directeur continental (CMP) du NEPAD, qui vise à intégrer les réseaux de transport d’électricité du continent et à permettre un commerce transfrontalier efficace de l’électricité.
« Le CMP n’est pas seulement un exercice théorique. Nous construisons un marché africain unique de l’électricité – le plus grand système interconnecté au monde – afin de transporter l’énergie solaire du Sahara, l’énergie hydraulique du bassin du Congo et les ressources gazières à travers les frontières afin de renforcer la sécurité énergétique des 55 pays », a-t-elle expliqué.
Malgré les ressources énergétiques abondantes de l’Afrique, elle a noté que le manque de projets bancables dissuade les investissements. Pour y remédier, le NEPAD déploie son mécanisme de prestation de services (SDM) afin de fournir aux développeurs de projets africains l’expertise technique nécessaire et d’accélérer le développement de projets énergétiques transfrontaliers complexes.
« Le SDM est notre accélérateur. Il fournit le soutien technique nécessaire pour faire avancer des projets régionaux complexes. Et grâce au programme de partenariat public-privé du NEPAD, nous signalons aux investisseurs mondiaux qu’un projet a été minutieusement examiné et qu’il est prêt à être financé », a-t-elle déclaré.
Mme Bekele-Thomas a ajouté que le NEPAD présente les projets régionaux de transport d’électricité comme des corridors stratégiques plutôt que comme des initiatives isolées, afin de garantir qu’ils attirent des capitaux tout en faisant progresser le programme d’intégration de l’Afrique.
« Nous ne considérons pas les lignes de transport d’électricité de manière isolée ; nous les intégrons dans des corridors stratégiques. Cela maximise l’impact économique, renforce la confiance des investisseurs et consolide notre engagement envers les institutions dirigées par l’Afrique », a-t-elle déclaré.
Elle a également souligné le rôle essentiel des institutions financières multilatérales africaines dans la mobilisation de capitaux internationaux pour le développement des infrastructures.
« Alors que nous construisons ces infrastructures, nous devons voir plus loin que la simple production d’électricité. L’énergie doit alimenter les populations, mais elle doit également renforcer les PME, permettre le développement des services numériques et débloquer des utilisations productives dans tous les secteurs », a réitéré Mme Bekele-Thomas.













