Alors que le secteur énergétique africain continue d’évoluer, les femmes se sont imposées à l’avant-garde de l’innovation. Le classement « 20 femmes de moins de 40 ans qui montent dans le secteur de l’énergie » récompense celles qui transforment l’industrie, du pétrole et du gaz aux énergies renouvelables, en passant par la finance, le droit et la technologie. Parmi ces pionnières figure Elisangela Neto Fernandes, responsable mondiale des actifs : systèmes de production, SLB, reconnue pour son engagement en faveur de l’avenir énergétique de l’Afrique.
Pourriez-vous nous présenter brièvement votre parcours dans le secteur de l’énergie qui vous a menée à votre poste actuel ? Quelles sont les réalisations ou les étapes clés dont vous êtes particulièrement fière ?
J’ai commencé ma carrière dans le secteur de l’énergie il y a plus de 15 ans en tant qu’ingénieure de terrain chez SLB, où j’ai acquis de solides bases en matière d’opérations, de travail d’équipe et d’orientation client. Au cours des dernières années, j’ai gravi les échelons en occupant des postes de coordination des actifs en Afrique et à l’échelle mondiale pour Subsea Landing String Services, avant de passer aux ventes pour Midstream Production Systems, puis à la direction des opérations en Angola et en Afrique centrale et orientale pour Surface Production Systems. Aujourd’hui, j’occupe le poste de responsable mondiale des actifs pour Workover Systems chez OneSubsea en Norvège.
Au cours de mon parcours, j’ai franchi des étapes importantes, notamment la fin de ma formation à la Super SenTree School, qui a été l’une de mes premières réalisations dont je suis fière. Concilier la naissance de ma première fille avec la finalisation de mon GFE et la direction de programmes visant à améliorer l’utilisation des actifs mondiaux a été un moment fort sur le plan personnel et professionnel, tout comme le fait de sortir de ma zone de confort chez SLSS pour stimuler la croissance sur divers marchés. Par-dessus tout, je suis fière d’être un exemple visible que les femmes peuvent s’épanouir dans des postes de direction dans le secteur de l’énergie, mener une carrière tout en élevant une famille, encadrer des talents et inspirer d’autres personnes à suivre leur exemple.
Le secteur de l’énergie est connu pour sa complexité. Quels ont été les principaux défis auxquels vous avez été confrontée et comment les avez-vous surmontés pour atteindre vos objectifs ?
N’étant pas de langue maternelle anglaise, j’ai dû surmonter la barrière de la langue et faire mes preuves en tant que seule femme dans un environnement dominé par les hommes. La transition vers des postes de direction s’est accompagnée de plusieurs défis. Mon rôle a évolué vers la définition d’une vision, la direction par l’influence à travers les cultures et la gestion non seulement du travail, mais aussi de la croissance des personnes, de leur énergie et de leur potentiel. Cela a mis ma famille à rude épreuve, car la charge émotionnelle était plus lourde, mais j’ai surmonté toutes ces difficultés en restant flexible, en m’appuyant sur des mentors et des systèmes de soutien et en me rappelant que chaque défi est une opportunité. J’ai découvert ma force dans ces moments-là, en apprenant à trouver un équilibre entre la logique et l’empathie, la discipline et la compassion, et en comprenant que je travaillais avec des êtres humains qui, comme moi, avaient leur vie personnelle et leurs défis à relever.
Quels conseils donneriez-vous aux jeunes femmes qui aspirent à exceller dans le secteur de l’énergie ? Y a-t-il des stratégies ou des états d’esprit spécifiques qui vous ont aidée à surmonter les obstacles et à atteindre votre position actuelle ?
Soyez curieuse, sortez de votre zone de confort et investissez dans des compétences tant relationnelles que techniques. Votre différence est votre force. Construisez un réseau de soutien, cherchez des mentors et n’hésitez jamais à demander des conseils. Surtout, appréciez le processus d’apprentissage et prenez soin de vous. Les mentalités qui m’ont le plus aidée sont l’adaptabilité, l’empathie et le travail d’équipe. J’ai appris à considérer chaque défi comme temporaire, mais les leçons comme permanentes. Mon réseau de soutien m’a rappelé que je n’étais jamais seule, et ma famille m’a aidée à garder les pieds sur terre, en me montrant que l’ambition et l’amour peuvent coexister.
Une carrière dans le secteur de l’énergie peut être exigeante. Pourriez-vous décrire une journée type dans votre vie ?
Ma journée commence par de la méditation, la prière et la définition de mes priorités autour d’un café. Le matin, je me concentre sur les tâches rapides et le suivi des parties prenantes. Après le déjeuner, en bonne compagnie de mon équipe, mes après-midis sont consacrées à des réunions entre différents fuseaux horaires, au soutien de l’équipe et à mon développement personnel. Les soirées sont consacrées à ma famille, au dîner et à rester en contact avec mes proches à l’étranger. Je termine la journée par du sport, de la lecture ou en écrivant mon journal. Cet équilibre me permet de rester énergique et ancrée.
À l’avenir, quels changements ou progrès espérez-vous voir dans le secteur de l’énergie ? Comment envisagez-vous votre rôle dans la construction de cet avenir ?
J’envisage un secteur de l’énergie plus numérique, plus efficace, plus durable et surtout plus inclusif. Un avenir où les femmes et les talents locaux ont les mêmes chances de diriger, et où les entreprises accordent autant d’importance au bien-être qu’à la performance, reconnaissant que la sécurité et la qualité du travail dépendent de personnes qui se sentent soutenues et équilibrées. Mon rôle dans la construction de cet avenir est double : favoriser l’excellence opérationnelle grâce à l’innovation et à l’efficacité, tout en étant une ambassadrice visible de l’inclusion, de la santé mentale et du mentorat. Ce faisant, je souhaite contribuer à créer un secteur où la prochaine génération, en particulier les jeunes femmes, pourra s’épanouir sans rencontrer les mêmes obstacles.













