Avec un déficit de financement énergétique estimé entre 30 et 50 milliards de dollars par an, l’Afrique recherche des sources de financement diversifiées pour combler ce déficit et faire avancer des projets stratégiques. Conformément aux objectifs du continent visant à éliminer la pauvreté énergétique, le prochain Forum du G20 sur l’investissement énergétique en Afrique, organisé par la Chambre africaine de l’énergie (AEC), vise à combler ce déficit en mettant en relation les capitaux mondiaux et les projets africains. Samira Mensah, directrice générale, responsable régionale pour l’Afrique et responsable nationale pour l’Afrique du Sud chez S&P Global Ratings, prendra la parole lors du forum, où elle devrait partager son point de vue sur les tendances en matière d’investissement, les notations de crédit et les stratégies pour obtenir des capitaux dans un contexte mondial en constante évolution.
Si le potentiel énergétique de l’Afrique est bien connu (avec plus de 125 milliards de barils de réserves prouvées de pétrole, 620 000 milliards de pieds cubes de gaz prouvés et un potentiel abondant en énergies renouvelables), les coûts d’emprunt élevés, les risques de crédit perçus et l’accès limité au financement à long terme restent un obstacle au développement des projets. Parallèlement, les pressions mondiales en faveur de la transition énergétique ont entraîné une baisse significative du financement des projets pétroliers et gaziers, retardant les projets africains et affectant les efforts visant à renforcer la sécurité énergétique sur tout le continent. Dans ce contexte, des organisations telles que S&P Global Ratings jouent un rôle crucial en renforçant la confiance du marché et en facilitant l’accès aux capitaux grâce à une évaluation transparente des risques. Les recherches de l’organisation ont constamment souligné l’importance de développer des marchés de capitaux nationaux solides, d’améliorer la solvabilité souveraine et de tirer parti des financements mixtes et des garanties pour réduire le coût des emprunts pour les émetteurs africains.
Si le risque de crédit perçu continue d’avoir un impact sur les projets en Afrique, les tendances récentes montrent une volonté continentale de combler le déficit de financement de l’énergie en Afrique. L’Africa Energy Bank, dotée d’un capital de 5 milliards de dollars et dirigée par l’Organisation des producteurs de pétrole africains et Afreximbank, progresse rapidement dans la levée de fonds, offrant une solution alternative et locale pour lever des capitaux. Le financement du développement gagne du terrain, comme en témoigne la réapprobation par l’Export-Import Bank des États-Unis d’un prêt pouvant atteindre 4,7 milliards de dollars pour soutenir le développement du projet Mozambique LNG mené par TotalEnergies. La Banque africaine de développement a également atteint un record de 11 milliards de dollars de nouveaux investissements approuvés en Afrique entre 2024 et 2025. Les entreprises énergétiques internationales augmentent leurs dépenses. Eni investit 8 milliards de dollars en Algérie, grâce à un accord signé avec Sonatrach, tandis qu’ExxonMobil pourrait investir jusqu’à 15 milliards de dollars dans le bassin de Namibe en Angola après le succès de ses forages. Les opérations de fusion-acquisition en Afrique ont également connu une augmentation significative, totalisant 2,7 milliards de dollars pour le seul premier semestre 2025.
Le prochain Forum du G20 sur les investissements énergétiques en Afrique s’appuie sur cette dynamique en offrant un aperçu des opportunités énergétiques en Afrique. Le forum fait suite à la conférence African Energy Week 2025, au cours de laquelle une salle de négociation dirigée par Premier Invest a identifié jusqu’à 13,4 milliards de dollars d’opportunités de projets dans les segments amont, intermédiaire, aval et des énergies renouvelables. En mettant en relation les financiers mondiaux et les parties prenantes africaines, le forum du G20 vise à faire avancer les projets tout en relevant des défis tels que la perception des risques et l’incertitude du marché. La participation de M. Mensah apportera une dimension technique aux discussions sur la manière dont les notations souveraines et d’entreprises peuvent catalyser les investissements dans les secteurs pétrolier, gazier et électrique en Afrique, en particulier alors que les pays poursuivent à la fois des programmes d’expansion et de transition.
« Combler le déficit d’investissement énergétique en Afrique ne consiste pas seulement à mobiliser des capitaux, mais aussi à changer les perceptions, à améliorer les évaluations du risque de crédit et à instaurer la confiance dans les marchés africains. Des institutions telles que S&P Global Ratings jouent un rôle essentiel en aidant les investisseurs à avoir une vision globale : l’Afrique n’est pas un risque à éviter, mais une opportunité à saisir », déclare NJ Ayuk, président exécutif de l’AEC. Pour vous inscrire au Forum, cliquez ici.













