Comment l’Angola a transformé le déclin de sa production en une vague d’investissements de 70 milliards de dollars dans le secteur amont

Après des années de déclin, l'Angola a stabilisé sa production à environ 1,1 million de barils par jour – et ce redressement est de plus en plus porté par une réforme réglementaire, de meilleures conditions fiscales et un regain d'investissements offshore.

Après plus d’une décennie de baisse de la production de brut, l’Angola commence à inverser la tendance qui menaçait autrefois son statut de l’un des plus grands producteurs de pétrole d’Afrique. La production s’est stabilisée à environ 1,1 million de barils par jour (bpj), soutenue par des développements offshore, des campagnes d’exploration et l’un des programmes de réforme en amont les plus ambitieux du continent.

La reprise est orchestrée par des réformes structurelles, de nouvelles politiques d’octroi de licences et des incitations ciblées visant à débloquer des capitaux dans les zones matures et pionnières. Aujourd’hui, le pays mène ce qui est devenu une campagne d’investissement en amont d’environ 70 milliards de dollars, soutenue par les grandes compagnies internationales, des projets offshore à grande échelle et un cadre réglementaire conçu pour améliorer la compétitivité à long terme.

Ces thèmes sont examinés en détail dans Crude Oil: Power, Turnaround and Transformation in Angola de NJ Ayuk, désormais disponible dans le monde entier. L’ouvrage décrit comment l’Angola est passé d’un déclin de la production et d’une hésitation des investisseurs à un cycle de croissance renouvelé en restructurant ses institutions, en réformant la législation pétrolière et en se repositionnant comme un marché en amont plus compétitif.

La réforme structurelle a redessiné le secteur

Pour freiner le déclin de la production et attirer de nouveaux investissements dans l’exploration et le développement de sites existants, l’Angola a mis en place depuis 2018 une série de réformes visant à améliorer les conditions fiscales. Parmi les principales réformes figuraient la création de deux régulateurs, l’un en amont et l’autre en aval – l’Agence nationale du pétrole, du gaz et des biocarburants (ANPG) et l’Instituto Regulador dos Derivados do Petróleo (IRDP) – ; le lancement d’une stratégie pluriannuelle d’octroi de licences ; l’introduction de contrats de services de gestion des risques ; et la restructuration de la compagnie pétrolière nationale Sonangol.

Parmi les nouvelles politiques introduites par le gouvernement figurent le décret sur la production incrémentale, la loi sur la monétisation du gaz et la loi sur les gisements marginaux. Les versions actualisées du Plan national de développement présentées en 2018 et 2023 ont tracé une feuille de route pour améliorer le développement socio-économique du pays, en mettant l’accent sur la réduction du déclin de la production d’hydrocarbures tout en stimulant d’autres secteurs de l’économie.

Le prochain cycle de croissance offshore est déjà en marche

Plusieurs projets offshore en Angola renforcent la production et démontrent la viabilité des investissements offshore. Il s’agit notamment des développements Begonia et CLOV Phase 3 menés par TotalEnergies – qui seront mis en service en 2025 avec une capacité combinée de 60 000 b/j – et du développement du pôle intégré Agogo West mené par Azule Energy – qui progresse vers sa pleine capacité après la mise en service du FPSO d’Agogo en 2025 et le démarrage du champ de Ndungu en 2026. Le projet Kaminho, d’une valeur de 6 milliards de dollars et mené par TotalEnergies, progresse en vue d’un démarrage en 2028, avec un objectif de 70 000 barils par jour sur le bloc 20/11.

Au-delà des projets, les opérateurs internationaux soutiennent le marché par des engagements de capitaux. TotalEnergies prévoit d’investir 3 milliards de dollars dans les années à venir, tandis qu’Azule Energy prévoit d’investir 5 milliards de dollars. ExxonMobil avait précédemment indiqué qu’elle pourrait injecter jusqu’à 15 milliards de dollars sur le marché à la suite de forages fructueux dans le bassin de Namibe. Bien que les premiers sondages aient été jugés non rentables, cette initiative témoigne du niveau d’intérêt pour les bassins pionniers de l’Angola.

L’exploration onshore reprend de l’élan

Les bassins onshore de l’Angola reviennent également vers la production après des décennies d’inactivité. Plusieurs indépendants mènent l’exploration dans les bassins intérieurs du Kwanza et du Bas-Congo, avec des campagnes de forage en cours à la suite du cycle d’octroi de licences de 2023 de l’Angola, qui a proposé 12 blocs onshore.

Corcel mène des études sismiques sur le bloc KON 16, avec un puits d’exploration prévu en 2026/2027 ; Oando a fait son entrée sur le marché en tant qu’opérateur du bloc KON 13 en 2026 ; Sonangol mène les efforts d’exploration sur les blocs KON 11, KON 12 et KON 15 ; tandis qu’Etu Energias poursuit ses recherches sismiques sur les blocs FS, FSST, CON 4 et CON 1. D’autres sociétés, notamment Walcot Energy et ACREP, ont renforcé leur présence sur l’ensemble du marché.

Ces initiatives témoignent d’un marché qui réagit directement aux réformes. Elles démontrent également que la reprise du secteur amont en Angola ne s’articule plus autour de la gestion du déclin, mais plutôt sur la croissance de la production à long terme.

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